

Le printemps correspond souvent au retours … des allergies !
Du 21 au 24 Avril prochain se tient, à Paris, au Palais des congrès Porte maillot, le 21ème congrès francophone d’allergologie : « La grande épidémie silencieuse du XXIe siècle nous met au défi de jouer collectif ».
En fait, on peut être allergique à (presque) tout ce qui nous entoure, qu’on respire, qu’on ingère ou qu’on nous injecte : poussières, aliments, médicaments, venins, molécules chimiques, animaux domestiques (ou pas), moisissures, protéines de toute sorte (mêmes les nôtres parfois)…
Une caractéristique commune à toutes les allergies IgE dépendantes : les symptômes se déclenchent dans les minutes (moins de 2 heures) qui suivent l’exposition à l’allergène en cause.
En France, les allergies connaissent une progression très importante, comme partout dans le monde. Vingt-cinq à 30 % de la population est concernée, et à l’horizon 2050, selon les prévisions de l’Organisation Mondiale de la Santé, ce serait une personne sur deux !
Les allergies peuvent être graves (heureusement, c’est rare). Elles sont très souvent source d’inconforts, de retard scolaire, d’arrêt de travail… sans compter la prise en charge médicale !
C’est souvent une enquête quasi policière qu’il faut mener pour identifier l’allergène (les allergènes) coupable(s). C’est généralement une affaire de spécialiste : l’allergologue !
Oui, en identifiant dans le sang du patient les IgE qu’il a produites, et surtout contre quel(s) allergène(s) elles sont dirigées.
Au CHU de Lille, le laboratoire d’immunologie dispose d’un catalogue de plus de 500 allergènes vis-à-vis desquels il est possible d’identifier des IgE spécifiques.
Les allergies c’est quoi ?
C’est une réponse inappropriée de notre organisme à un élément de notre environnement.
Dans le cadre de l’allergie printanière, les manifestations sont liées à la production d’un certain type d’anticorps (les immunoglobulines E) au contact de pollens.
C’est donc une réponse immunitaire qui se met en place, à tort, et qui est associée à ce qu’on appelle « l’atopie ». Un sujet non atopique ne produira pas ce type de réponse IgE vis-à-vis des pollens, ou vis-à-vis de tout autre allergène.
On parle ici d’allergie « IgE dépendante » (il en existe d’autres, non dépendantes des IgE).


La production des IgE et leurs interactions avec les mastocytes sont des mécanismes de protection contre les agressions de la peau et des muqueuses par des toxines (les venins), ou des parasites… c’est un mécanisme sensé renforcer l’effet de barrières de ces téguments contre ce type d’agression. Un sujet atopique (et qui deviendra allergique) est une personne qui présente de base, une altération de la barrière cutanée… il a souvent la peau sèche, qui gratte, et aura fait de l’eczéma dans son jeune âge…C’est par là que les allergènes pénètrent dans l’organisme.
Pour lutter contre cette altération des barrières, l’organisme génère une réponse IgE… sensée renforcée sa qualité de barrière… mais vis-à-vis des allergènes, ça n’est pas efficace… pire, ça déclenche une réponse allergique… inappropriée !
Oui, l’identification de l’allergène en cause aide beaucoup, car elle permet (souvent) l’éviction de l’allergène en cause : en clair, empêcher l’individu d’être exposé à l’allergène qui déclenche ses symptômes… à vie !
L’identification de l’allergène peut aussi permettre « la désensibilisation » : en milieu médical, on expose, sur un temps court, l’individu à des doses croissantes d’allergène auquel il est allergique : cela force le système immunitaire à s’adapter et à réduire la production d’IgE vis-à-vis de l’allergène. Ça marche bien avec les venins, certains aliments (la cacahuète)…mais pas toujours !
Enfin, aujourd’hui on sait manipuler le système immunitaire, et ce, de façon ciblée, très efficace, avec une réduction du risque d’effets indésirables… c’est ce qu’on appelle les biomédicaments ou biothérapies. Dans le domaine de l’allergie, on dispose de biomédicaments qui vont bloquent les mécanismes de production des IgE, ou qui bloquent leurs effets. Leur utilisation est réservée aux cas les plus sévères, car ils sont onéreux.
Pour en savoir plus :
https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/allergie/comprendre-allergies
https://www.afpral.fr/page/953363-l-association
Pour les passionné.e.s : https://e-allergie.fr/